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Panne d'avenir

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Nous vivons un moment déstabilisant, depuis le mois de mars. Une certaine légèreté a disparu de notre vie quotidienne, et risque fort ne pas refaire surface avant longtemps.   Rester à distance les uns des autres est terriblement frustrant, porter un masque irritant, passer une frontière angoissant. Le télétravail nous isole, les normes sanitaires nous étouffent, la menace du chômage nous tétanise.Attraper un simple rhume devient déstabilisant : faut-il se faire tester aussitôt, aller voir un médecin d’abord, s’isoler immédiatement de ses proches, ou appeler d’urgence le 15 ?     A qui profite la situation ?       Aux financiers, qui vivent toujours dans leur bulle mais ne s’en plaignent pas, puisqu’elle a continué de grossir ces derniers temps. Quand elle éclatera, les Etats renfloueront, comme d’habitude. La vie est belle.   Aux actionnaires des entreprises liées au numérique et à la vente en ligne, dont la valeur a décuplé. Un autre monde.   Ceux, les plus nombreux, qui souffren…

Deux projets à contresens

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HÊTRE OU NE PAS HÊTREUne scierie à Lannemezan qui emploierait vingt-cinq personnes. Un projet créant quatre-vingt-dix emplois forestiers. Cela pourrait sembler séduisant dans une région très marquée par le chômage.Mais quid des emplois perdus, l’activité des scieurs locaux actuels étant mise en péril…Mais quid des cinq mille camions grumiers supplémentaires roulant chaque année sur nos routes…Mais quid de la surface de forêt équivalente à mille deux cents terrains de foot coupée à ras annuellement, impliquant une diminution drastique de la biodiversité et une mise en péril de l’écosystème forestier de nos montagnes…Mais quid de l’argent public absurdement investi dans un projet qui ne pourra s’avérer durable…On pleure la forêt amazonienne qui part en fumée, mais on organise avec enthousiasme la destruction de notre hêtraie. Deux échelles différentes, mais deux écocides avérés. On disserte sur les espèces animales et végétales disparaissant chaque année, mais on accélère sciemment – si…

Un été bagnérais

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La saison s’annonçait mal, les thermes n’ayant pu rouvrir que début juillet, avec un nombre de curistes limité. Depuis quelques années, les responsables de l’Office du tourisme constataient une désaffection progressive pour les séjours d’été en montagne. On pouvait donc craindre une ville sinistrée sur le plan de la fréquentation touristique.Covid oblige, c’est l’inverse qui est advenu. Si nombre de Français, privés de vacances à l’étranger, se sont rués dans les stations balnéaires, beaucoup ont choisi la montagne ou le tourisme vert. Ici, l’augmentation du nombre de vacanciers a largement compensé la diminution du nombre de curistes. Bonne nouvelle pour l’économie locale.Souhaitons que le phénomène perdure dans le temps, que la montagne continue à séduire. Pour cela, des efforts s’imposent, si l’on veut donner à ceux qui découvrent notre région l'envie d’y revenir.Les points noirs restent nombreux. -L’entrée de la ville, rue de la République, est toujours fermée à la circulat…

Discernement

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Samedi 18 juillet, des renforts de gendarmerie sont venus prêter main forte à la brigade bagnéraise pour « s’assurer de la tranquillité des résidents et des vacanciers ». Il est vrai qu’il y avait eu quelques dérapages dans notre ville en début d’été, avec une poussée de violence inquiétante chez quelques jeunes - connus pour la plupart - qui se contentaient auparavant de faire pétarader leurs engins à deux roues plus que de raison.Une descente de gendarmes ponctuelle un samedi soir, ça ne règle pas grand-chose, c’est juste pour rassurer les habitants. Dissuasion, répression, l’arsenal ordinaire des autorités. Le côté prévention, par contre, ne semble pas faire partie de leur vocabulaire, et c’est bien regrettable. La police de proximité reste une chimère. Les éducateurs de rue, un mythe. Aller à la rencontre de ces jeunes, leur parler, écouter leurs besoins, leur donner quelques moyens de s’investir positivement dans la vie de la ville, ce serait contribuer à l’éradication de cette p…

Score sans appel

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Pas très sportive l’attitude du maire de Bagnères. Mauvais perdant, mais surtout mauvais stratège. Il claque la porte du conseil communautaire en criant au complot en pleine élection des vice-présidences, laissant le champ libre à son opposition et aux maires « adverses ». Au final, sa majorité se retrouve presque nue… L’opposition Bagnères Ensemble obtient trois vice-présidences (C. Abadie, J. Robbé, F. Roux). Les élus des villages présideront six commissions sur dix.Quelle déconfiture !Il est vrai qu’il a eu, au début, de quoi être contrarié : la présidence tant désirée lui est passée sous le nez. Crime de lèse-majesté, le prétendant au titre ne récupérait pas le trône castellien. Jacques Brune, conseiller municipal de Baudéan, l’emportait à une écrasante majorité… Aussitôt après, deux vice-présidences ont échappé à l’un de ses adjoints, peut-être mal choisi. N’est pas sélectionneur qui veut… C’en était trop. Claude Cazabat présente alors sa face sombre, menaçant la communauté de…

Marseillaise ou Bagnéraise ?

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La Dépêche laisse entendre, dans son article relatant le 1er conseil municipal à Bagnères, que le fait de terminer la séance par une Marseillaise n’a pas été du goût d’un élu écologiste de l’opposition. De fait, celui-ci n’est pas le seul à s’interroger sur les motivations à clôturer ainsi un conseil. Claude Cazabat, qui se veut « le maire de tous les Bagnérais » et se verrait bien président de la CCHB, n’est tout de même pas celui de tous les Français ! A notre connaissance, par ailleurs, aucun événement national soulevant une grande émotion collective - un attentat, l’explosion d’une centrale nucléaire, un match France-Angleterre…- ne justifie le fait de se rassembler symboliquement autour d’un chant patriotique.   C’est la seconde fois que le maire utilise notre hymne de façon inappropriée  et confiscatoire. Lors de sa dernière réunion publique, déjà, il avait conclu en faisant entonner la Marseillaise à l’assemblée. « Aux armes, citoyens » Contre qui fallait-il donc s’armer ? Cont…

Qui pour présider la CCHB ?

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Notre pays a une tradition jacobine bien ancrée. Il a fallu attendre les années 80 pour parler décentralisation, mais l’espace accordé aux collectivités reste limité. Elles sont en liberté surveillée, sous le regard paternaliste de l’Etat et de ses représentants locaux, les préfets.La constitution de 1958 donne des pouvoirs presque sans limites au président, en réduisant le rôle du parlement à celui d’une chambre d’enregistrement, et en faisant du Premier ministre un simple exécutant révocable. Ce sur-mesure a été créé pour Charles de Gaulle, dans un moment difficile pour notre pays, quand les gouvernements successifs de la IVe République s’efforçaient en vain de freiner les aspirations légitimes à l’indépendance de nos colonies. La guerre d’Algérie s’est terminée en 1962, mais l’homme « providentiel » est resté et sa constitution aussi.Les présidents, ensuite, se sont succédés dans des circonstances moins dramatiques. Beaucoup ont parlé de la nécessité de rééquilibrer les pouvoirs lé…