Un été bagnérais


 


   La saison s’annonçait mal, les thermes n’ayant pu rouvrir que début juillet, avec un nombre de curistes limité. Depuis quelques années, les responsables de l’Office du tourisme constataient une désaffection progressive pour les séjours d’été en montagne. On pouvait donc craindre une ville sinistrée sur le plan de la fréquentation touristique.

   Covid oblige, c’est l’inverse qui est advenu. Si nombre de Français, privés de vacances à l’étranger, se sont rués dans les stations balnéaires, beaucoup ont choisi la montagne ou le tourisme vert. Ici, l’augmentation du nombre de vacanciers a largement compensé la diminution du nombre de curistes. Bonne nouvelle pour l’économie locale.

   Souhaitons que le phénomène perdure dans le temps, que la montagne continue à séduire. Pour cela, des efforts s’imposent, si l’on veut donner à ceux qui découvrent notre région l'envie d’y revenir.

 

   Les points noirs restent nombreux.

-          L’entrée de la ville, rue de la République, est toujours fermée à la circulation, plus d’un an après l’incendie qui a partiellement détruit un bâtiment ; la mairie devait  se substituer au propriétaire visiblement défaillant pour faire effectuer les travaux de mise en sécurité, mais... En conséquence, la circulation avenue du Général Menvielle est devenue excessivement dangereuse.

-          Les feux de circulation du centre-ville clignotent une grande partie du temps, générant agressivité et conduites à risque.

-          Les sentiers autour du Bédat, appréciés des promeneurs locaux ou de passage, sont coupés en maints endroits par des arbres abattus il y a des mois lors d’une tempête. Le confinement a certes tout retardé, mais quelques coups de tronçonneuse auraient dû régler le problème depuis longtemps.

-          Le parc de Salut, lieu magique, est négligé : ornières laissées par les véhicules d’entretien, berges du ruisseau effondrées dans plusieurs méandres, envahies par l’herbe, ronces proliférant en amont de la cabane aux crêpes… Les fauches retardées ne justifient pas tout !

-          Les jeux pour enfants sont négligés, le seul espace actuellement accessible étant celui des Vignaux ; le square de l’avenue Prosper Nogues n’est toujours pas rénové et le petit espace de Salut (fermé depuis des années) était en travaux cette fin d’été.

-          La signalétique est souvent déficiente : salle de cinéma invisible (et ses affiches réservées aux automobilistes !), information insuffisante sur les animations. Pire encore en montagne : quantité de personnes pensent se rendre au lac Bleu alors qu’elles sont sur le chemin d’Ourec… Rien n’est limpide ni au Chiroulet, ni au départ de nombreuses randonnées de la vallée (Casque du Lhéris, Caderolles, Montaigu etc.).

-          Aucune politique d'ampleur n'est amorcée pour le vélo: pistes cyclables inexistantes, circuits VTT ni entretenus ni bien marqués, circulation dangereuse.

-          Les poubelles débordent partout dans la vallée, comme si l’on ignorait que la population croît en été. 

-          Les incivilités perdurent : pétarades diurnes ou nocturnes d'engins à moteurs trafiqués, wheelings en peine espace public, moqueries et agressivité, menaces, dégradations...Un problème en train de devenir endémique ?

 

Deux points positifs sont tout de même à mentionner :

-          Le centre historique a été partiellement piétonnisé une partie de l’été, permettant aux visiteurs de découvrir notre ville, son bâti, ses commerces, ses terrasses, dans de meilleures conditions. Une expérience à développer ?

-          Le marché du samedi a été étendu, lui donnant plus d'air et de charme ; les Coustous ont été mis ces matins-là en sens unique, créant une ambiance plus conviviale ; la circulation le long des quais dans l'autre sens a fonctionné. Une expérience à pérenniser ?

 

   L'observation  des vallées d’Aure et d’Argelès, aux villes et villages plus coquets, aux activités touristiques plus nombreuses et innovantes, interroge. Campan fait aujourd'hui pâle figure face à Saint-Lary...

   Une réflexion d’ensemble s’impose autour de nos atouts et nos faiblesses, afin que notre vallée aille de l’avant. Cette réflexion ne doit pas se limiter à nos élus. Chacun d’entre nous est concerné par ces enjeux économiques, car ils engagent aussi la qualité du quotidien des habitants. Pourquoi ne pas impliquer les Bagnérais et les habitants de la CCHB dans le débat au moyen de groupes de travail ouverts aux élus, aux habitants, aux experts (qui permettraient d’élargir le débat tout en le cadrant en terme de faisabilité) ? 

   Participatif ? Vous avez dit participatif ?

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