Deux pour le prix d'un



LE BEC EST MORT, VIVE LE BEC.

   Soir de défaite électorale pour Bagnères Ensemble. 174 voix d'écart - à la fois beaucoup et si peu.

   Bras gauche de cette alliance, le BEC remercie avec ferveur toutes celles et tous  ceux qui ont cru en lui et l'ont soutenu lors de cette si longue et si particulière campagne, celles et ceux qui ont compris que seule cette fusion avec une liste modérée pouvait permettre d'échapper à six ans de grisaille et faire souffler sur la ville un vent nouveau. 

   Aux autres, à celles et ceux qui l'ont taclé, dénigré, renié, vilipendé, trahi alors même qu'ils étaient proches de ses idées, à celles et ceux qui ne se sont pas déplacés pour faire nombre, aux médias qui l'ont ostracisé, à celles et ceux qui vont beaucoup s'ennuyer durant six ans dans cette vieille ville... nous ne disons rien.

   Nous avons gagné la bataille des esprits. Nous sommes fiers de ce que nous avons fait. Nos  idées qui semblent irréalistes sont les évidences de demain.

   Plus utiles que jamais, nous sommes toujours là.      

                                                                                             Erick Vuillier


SIX ANS DE PLUS À TIRER A JURASSIC TOWN. MERCI QUI ?   

   Tous les dinosaures n’ont pas disparu. Il en reste à la mairie de Bagnères. Pour six ans ou soixante millions d’années de plus, qu’importe. Ce n’est pas bon pour la ville.

   Certains pensent qu’avec notre maire, rien ne changera. Et ça les réconforte, comme s’il existait un Bagnères éternel qu’il suffirait de préserver. Ceux-là n’ont rien à faire du mouvement. Le calme plat leur sied parfaitement.

   Pour beaucoup d’autres, le résultat des élections est une bien mauvaise nouvelle. Particulièrement pour cette frange de population dynamique, qui a fait le choix de « vivre et travailler au pays » - pays parfois d’adoption, mais qu’ils aiment souvent plus et mieux que certains natifs -, pour ces jeunes qui mettent toute leur énergie pour monter des projets que la mairie saborde. Le PHAART a été tué, le Tiers-Lieux survit comme il peut, le Drive bigourdan est décrié et de multiples autres sont mort-nés.

   On préfère croire, à Bagnères, qu’on n’a besoin de personne, que nous pourrons vivre éternellement sur nos valeurs sûres. Quelle illusion ! Le ferroviaire a certes décroché un bon contrat, mais la CAF ne redeviendra jamais un employeur équivalent à Soulé. Le thermalisme et le ski sont deux activités extrêmement fragiles, à l’avenir bien incertain. A La Mongie, au lieu d’investir dans des activités permettant un tourisme des quatre saisons, la régie vient de dépenser des millions d’euros pour modifier des pistes à des altitudes où chacun sait qu’il n’y aura plus d’enneigement suffisant dans les dix ans à venir. Mais les emprunts, eux, vont courir sur un temps bien plus long, et ce sont les communes qui règleront les mensualités lorsque la station aura mis la clé sous la porte. On appelle cela la politique de l’autruche.

   Comment en est-on arrivés là ? Comment a-t-on pu réélire une personne dont la principale ambition est de désendetter la ville, un gestionnaire autoritaire (et revanchard : « Je n’ai pas Alzheimer, je saurai me souvenir… »), insensible aux enjeux actuels ? Il y avait pourtant une alternative crédible : une liste d’alliance faisant coopérer, pour le bien commun, quelques Bagnérais de souche, au fait des réalités locales, et quelques Bagnérais d’adoption, au fait des problématiques environnementales, tous ayant l’ambition d’impliquer l’ensemble de nos concitoyens dans les choix majeurs que l’avenir va nous imposer. Peut-être n’auraient-ils pas fait de miracles, mais au moins ils auraient essayé autre chose que les recettes d’un autre temps qui nous envoient maintenant dans le mur. Et puis nous aurions pu, tous ensemble, décider de notre destin, sans confier les clés du futur à un homme du passé n’ayant rien de providentiel. Mais les électeurs en ont décidé autrement. Force est de constater que beaucoup a été fait pour les convaincre.

   La liste Roux du 1er tour, Bagnères pour tous, a d’abord été accusée de préparer le retour aux responsabilités municipales de Jean-Bernard Sempastous, une fois son mandat de député terminé. Pour couper court à cette interprétation, il s’est retiré au second tour. En pure perte.

   La liste Bagnères écologie citoyenne (BEC), elle, a concentré ensuite la plupart des nombreuses attaques. Pour certains, elle n’était rien de plus qu’une secte, adepte de l’écologie punitive. Quelqu’un a même écrit dans un article que Julien Robbé voulait remettre en cause la propriété privée ! Un candidat avec le couteau entre les dents, voilà qui aurait dû plaire au Parti communiste/Front de gauche. Mais cela n’a pas été le cas, pas du tout même, comme l’ont mis en évidence leurs commentaires dans la presse : « opportunisme », « absence de projet pour la ville », « moins cette liste obtiendra de suffrages, mieux notre ville se portera ». Par contre, ces gens estampillés de gauche se sont montrés étonnamment complaisants avec la liste du maire sortant Partageons une passion : Bagnères, alors même que son comité de soutien était formé des personnes parmi les plus à droite de la ville. Enfin, ils n’ont eu aucun scrupule à faire semblant de prendre pour argent comptant l’étiquette de gauche de Sébastien Lacrampe, candidat La République en marche aux dernières législatives sur Lourdes...

   A gauche, de toute façon, après eux tout le monde s’y est mis, de la France insoumise à Génération.s en passant par le Comité de lutte du Haut-Adour : « le BEC a trahi » « notre confiance n’existe plus »… Vive les purs et durs, et tant pis s’ils passent leur vie dans l’opposition, à ne refaire le monde que virtuellement. Seul le Parti socialiste n’a rien dit. Il est vrai qu’avec son secrétaire de section sur la liste Cazabat, il lui était difficile de donner quelque leçon que ce soit !

   La presse locale a apporté sa contribution à cette œuvre d’ensemble. Nous expliquions dans un précédent billet pourquoi et comment elle favorisait généralement les sortants. Une illustration finale spectaculaire nous a été fournie vendredi, avant-veille des élections : entre La Dépêche/Nouvelle République et La Montagne, on comptabilisait cinq articles défavorables à la liste Roux contre un seul critiquant le maire. Ce qui n’a pas empêché ce dernier de se montrer bien ingrat le soir même en réunion publique, lorsqu’il s’est plaint amèrement de la façon dont il avait été traité dans La Montagne, et qu’il a menacé ce journal de représailles, la mairie étant un gros client de l’imprimerie…

   Une telle conjonction d'hostilé s’est avérée efficace. La droite et la gauche confondues, qu’on sait fondamentalement productivistes, ont toujours craint les écologistes et leur remise en cause de la notion de croissance sans fin. Toutes deux récusent d’autre part tout ce qui est véritable démocratie participative, puisque c’est un fonctionnement susceptible de les priver d’une partie de leur pouvoir au profit des citoyens. Que surtout le monde de demain ressemble au monde d’hier…

   Mais le BEC n’a pas été seulement victime d’une coalition hostile, il a aussi sa part de responsabilité dans l’échec final. Il s’est montré bien trop avare en communication. Il n’a pas su rassurer et créer du désir parmi ses électeurs et parmi ceux de Bagnères pour tous en expliquant suffisamment l’intérêt d’une alliance au sein de laquelle il allait se voir confier de grandes responsabilités dans des secteurs-clés. Il n’a pas répondu aux mensonges éhontés diffusés par la liste de Sébastien Lacrampe Vivons Bagnères et leur transfuge. Il n’a pas été assez véhément pour récuser les arguments de ceux qui l’accusaient de trahison. Il a trop peu mis en avant cette charte éthique exemplaire, véritable ADN du mouvement, engagement radical pour plus de transparence, de participation citoyenne et pour que les enjeux environnementaux deviennent prioritaires, qui a ensuite été signée par tous les membres de la liste d’union Bagnères ensemble.

   Alors, rejetant l’idée d’alliance ou ne la comprenant pas, quelques électeurs de la liste Roux du 1er tour se sont reportés sur la liste Cazabat et quelques supporters du BEC ont préféré donner leur voix à la liste Lacrampe. Deux petites hémorragies, 176 voix d’écart au final. Une misère.

   N’oublions pas quand même que notre maire n’a eu que 45 % des voix des 48% de gens qui ont voté. Moins d’un quart de la population lui fait donc ouvertement confiance. Alors tout n’est peut-être pas perdu. A nous, qui faisons partie de cette majorité de la population bagnéraise n’ayant pas voté pour lui, de faire entendre notre voix chaque fois qu’une décision hypothéquant l’avenir sera prise.

   Le futur est inquiétant, mais nous semblons l’aborder sans avoir une réelle conscience des enjeux et sans le désir impérieux de vivre autrement. La réalité nous rattrapera bien vite.

                                                                                              Jean-Marc Aragnouet

 

  

 

 

 


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